Les Editos Bachiques de Jean Lapoujade, scribe de Tradition du Vin

Au son du canon ( janvier 2009 )

Frères du vin qui avec moi vivaient...

Après avoir mis tous nos vœux dans le même panier avec nos bonnes résolutions éphémères, revenons à nos gorgeons.

L''année bituregique commence toujours par la célébration de la Saint-Vincent, saint patron de la vigne du vin et de l''ivresse. Dans tous les chais et les cuviers, mais aussi derrière l''autel de nos zincs, on prépare cette procession gouleyante pour la multiplication des vins et la canonisation de nos verres.

Mais qui fut (de chêne) ce saint homme ! Ici, nos gargouilles de bénitier doivent confesser leur ignorance ! Vincent était il l''organisateur hydrophobe de l''oenos de Cana ? Ou était ce un saint grassouillet et bon vivant élevant le jus de la treille au rang de boisson divine ?

Que nenni. Les cancans du Vatican nous apprennent que le saint Patron de nos libations bachiques était un pisse-vinaigre maigrelet qui sévissait dans l''Espagne hispano-romaine du 4e siècle. Las de sa rhétorique ascétique, les romains le supplicièrent distraitement à la fin de l''été, un peu avant le début des vendanges. Le lion de service ayant une gastroentérite, ils changèrent le rite et l''écrabouillèrent lentement sous une grosse pierre circulaire. Un vigneron assistait à la scène. Le sang qui jaillit inspira sa créativité. L''église avait gagné un saint, mais l''humanité assoiffée venait de découvrir le pressoir !

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