Les Editos Bachiques de Jean Lapoujade, scribe de Tradition du Vin

Clap de Faim - ( septembre 2010 )

Comme chaque année au mois de septembre, le neurone du scribe se tortille comme une treille à l''idée de vendanger les lignes de cette feuille éphémère ! Comment faire souffler un vin nouveau sur une rentrée bachique sans réelle originalité ? En vrac et en bouteilles j''aurais pu vous enivrer avec le retour de vacances de nos Sages la couperose hâlée par un été aveyronnais, les vendanges « prédicateuses » du cru 2010, les candidats à la Bouteille d''Or ou les foires ovins qui pullulent aux premières lueurs automnales. Je m''apprêtais donc à recycler quelques vieux éditos madérisés en les coupant de nouveaux effluves « pitre-oresques », quand Chabrol est mort.

Ce bon vivant, amateur de bonne chère, était un client émérite du bistrot traditionnel. Son patronyme est d''ailleurs admis par les académiciens aquaphiles comme synonyme du fameux « chabrot », acte gourmand trop souvent oublié qui consiste à verser une belle rasade de vin dans le fond de sa soupe. Le bouquet de l''un se mêle au fumet de l''autre et, transcendés par l''assiette brûlante, apaise le palais d''une douce langueur gustative.

Nous avions fait sa connaissance au Baromètre. Il y venait, sans Cérémonie, goûter l''air du temps, toujours au bon fixe. C''est là qu''il découvrit des beaujolais étonnants. Leur bouquet de violette nasillèrent dans son tarin expert et l''inspirèrent pour la suite de sa carrière. Il aimait aussi les plats du terroir, se surnommant lui-même, inspecteur Navarin.

Lorsque cet établissement reçu la Bouteille d''Or en 1993, il accepta de parrainer l''évènement. A l''heure du Cri du Hibou, il vint, sans Masque, célébrer les Noces Rouges et blanches entre Tradition du Vin et les Haltebourg.

Nous lui rendons hommage aujourd''hui, verre en main, mais les canons de nos comptoirs ont un peu le goût de boulet au vinaigre.

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